06.12.2017, 23:28

L’inondation de Sierre refait surface

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Avec Blaise Melly, Albert Pitteloud (photo) estime que l’Etat du Valais pourrait perdre des millions dans le dossier de l’inondation provoquée par le Rhône en 2012.

 06.12.2017, 23:28 L’inondation de Sierre refait surface

POLÉMIQUE Par gilles.berreau@lenouvelliste.chDeux députés UDC attaquent le département de Jacques Melly. L’Etat répond.

Suite à la décision du Tribunal Fédéral (TF) qui a donné raison cet été à Albert Pitteloud contre l’Etat dans l’affaire des inondations en 2012 de ses terrains agricoles de Pramont, le député UDC et son collègue Blaise Melly dénoncent «de graves dysfonctionnements au sein du département des transports, de l’équipement et de l’environnement. Ces derniers risquent de faire...

Suite à la décision du Tribunal Fédéral (TF) qui a donné raison cet été à Albert Pitteloud contre l’Etat dans l’affaire des inondations en 2012 de ses terrains agricoles de Pramont, le député UDC et son collègue Blaise Melly dénoncent «de graves dysfonctionnements au sein du département des transports, de l’équipement et de l’environnement. Ces derniers risquent de faire perdre aux contribuables valaisans entre deux et quatre millions de francs.» Les deux élus estiment que l’Etat a commis une grave erreur en dégageant de sa responsabilité une des entreprises ayant trop creusé le Rhône avant les inondations. Albert Pitteloud, qui dénonce «une forfaiture collective planifiée» au sein de divers services du département, demande que les responsabilités de chacun soient déterminées.

En effet, bien que ces inondations soient liées à des travaux réalisés par deux entreprises, dans un arrêt de juin 2017, l’Etat du Valais a été jugé responsable par le TF des dégâts en tant que propriétaire du Rhône. Au canton ensuite de se retourner contre ces entreprises.

Un tour de passe-passe?

Or, selon les députés, l’Etat n’aurait attaqué qu’une société, Sables et Graviers, épargnant la seconde, Bitz Travaux publics, grâce, selon eux, à un tour de passe-passe. «Après avoir envoyé un premier décompte de 6500 m3 de graviers, Bitz en a envoyé un second, fantaisiste, après les inondations, bien moins important (4900 m³) qui lui permet de dégager sa responsabilité, car cela indique qu’elle n’a pas creusé trop profond dans le Rhône. Or, l’Etat du Valais a accepté ce nouveau décompte sans sourciller», explique Blaise Melly.

Hors contexte selon l’Etat

Jacques Melly ne s’exprimant pas, c’est Tony Arborino, chef de l’Office valaisan de la construction du Rhône, qui conteste la version des députés et parle d’un «dossier très complexe et d’éléments partiels sortis de leur contexte.» Il indique que depuis le verdict du TF, l’Etat du Valais a «adapté sa stratégie et ouvert une action en justice contre les deux entreprises. Nous avons pris toutes les mesures nécessaires pour que les intérêts de l’Etat, et donc des contribuables valaisans, soient préservés.»

Blaise Melly estime que «si, finalement, le canton attaque aussi Bitz, c’est bien. Mais est-ce encore possible? Car une lettre de l’Etat datée de 2014 indique qu’aucune procédure en responsabilité ne sera ouverte contre Bitz!» Tony Arborino n’est pas inquiet. «Le courrier de 2014 n’empêche pas l’ouverture de l’action en justice par le canton.» En effet, contrairement à Sables et Graviers, l’entreprise a renoncé à invoquer une prescription des faits et peut donc, selon Tony Arborino, être encore poursuivie aujourd’hui.

Si cette action en justice contre Bitz a été lancée par l’Etat, elle doit être récente. En effet, Daniel Bitz indique «ne pas être au courant de cette dernière.»

Chez Sables et Graviers par contre, le directeur Jacques Schmid confirme avoir reçu un commandement de payer de 4,1 millions du canton, Mais le conteste. «Nous ne sommes pas d’accord de payer cette somme. Au début, deux entreprises étaient concernées, puis plus que la notre, alors que le Tribunal fédéral a été clair à ce sujet.»

Suite au Grand Conseil

Pour démêler cet écheveau, les deux députés vont alerter le Grand Conseil en déposant une interpellation et en demandant à la commission de gestion d’enquêter.


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